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La couleur de l’année : un choix litigieux?

Cher lecteur, chère lectrice,

J’ai le goût de me plaindre. L’année 2026 à peine entamée, j’ai déjà un sujet de controverse sur le feu.

Pour ouvrir le bal, on a eu droit à une symphonie de jérémiades sur… roulement de tambour : la couleur de l’année ! Je suis, il est vrai, la première à m’exprimer à propos de tout et de rien: récriminer est chez moi un art de vivre. Mais malgré mon caractère parfois épineux, je n’ai pas sauté de ma chaise en la voyant. Pourtant, je comprends le désarroi de certains face à ce choix. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Depuis plus de 20 ans, la couleur de l’année est un marqueur culturel qui dicte les tendances et fait couler beaucoup d’encre. L’entreprise «Pantone», fondée au début des années 60, s’est imposée comme la référence mondiale absolue grâce à son système de standardisation : le «Pantone Matching System». À l’origine, l’idée était simplement de faciliter la communication entre imprimeurs, designers et industriels. Mais depuis les années 2000, la teinte choisie est censée incarner l’époque en s’inspirant de la mode, des arts ou des technologies.

Révélation : cette année, il s’agit d’un blanc-gris. La couleur «Cloud Dancer» (il n’y a pas de traduction officielle en français) est essentiellement un simple blanc. Pour justifier ce choix, «Pantone» avance des arguments ma foi douteux : on nous parle de page blanche, de nouveau départ ou de retour à l’essentiel. La simplicité et le minimalisme seraient-ils les seuls mots d’ordre de l’année 2026 ?

Évidemment, ce choix est litigieux. Pour beaucoup, c’est le constat d’une paresse créative. La teinte est jugée trop neutre, voire éteinte. Se voulant un symbole de paix, la couleur de l’année devrait-elle se contenter de taire un contexte politique tendu ou devrait-elle plutôt faire naître une réelle impulsion ? Sur les réseaux sociaux, les internautes font déjà des liens cinglants avec l’actualité de la Maison-Blanche. Beaucoup critiquent la fadeur du choix, y voyant un parallèle malaisant avec certains problèmes sociaux. «Le blanc est la quintessence de la neutralité. Mais dans une année où le nationalisme blanc domine l’actualité, ce choix suscite l’étonnement», soulignait d’ailleurs une journaliste du Washington Post. «Pantone» s’est défendu en martelant que le 11-4201, le code de la couleur, n’avait absolument rien à voir avec la suprématie blanche ou les enjeux raciaux.

En somme, selon «Pantone», «Cloud Dancer» nous invite à méditer sur la place du vide dans nos vies. D’autres y voient plutôt l’esthétique des milieux aisés où le minimalisme est devenu le symbole du luxe. Bien entendu, tout cela reste de la mise en marché et il faut savoir l’interpréter avec nuance. Parfois, le blanc n’est que du blanc!

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Cher lecteur, chère lectrice,

J’ai le goût de me plaindre. L’année 2026 à peine entamée, j’ai déjà un sujet de controverse sur le feu.

Pour ouvrir le bal, on a eu droit à une symphonie de jérémiades sur… roulement de tambour : la couleur de l’année ! Je suis, il est vrai, la première à m’exprimer à propos de tout et de rien: récriminer est chez moi un art de vivre. Mais malgré mon caractère parfois épineux, je n’ai pas sauté de ma chaise en la voyant. Pourtant, je comprends le désarroi de certains face à ce choix. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Depuis plus de 20 ans, la couleur de l’année est un marqueur culturel qui dicte les tendances et fait couler beaucoup d’encre. L’entreprise «Pantone», fondée au début des années 60, s’est imposée comme la référence mondiale absolue grâce à son système de standardisation : le «Pantone Matching System». À l’origine, l’idée était simplement de faciliter la communication entre imprimeurs, designers et industriels. Mais depuis les années 2000, la teinte choisie est censée incarner l’époque en s’inspirant de la mode, des arts ou des technologies.

Révélation : cette année, il s’agit d’un blanc-gris. La couleur «Cloud Dancer» (il n’y a pas de traduction officielle en français) est essentiellement un simple blanc. Pour justifier ce choix, «Pantone» avance des arguments ma foi douteux : on nous parle de page blanche, de nouveau départ ou de retour à l’essentiel. La simplicité et le minimalisme seraient-ils les seuls mots d’ordre de l’année 2026 ?

Évidemment, ce choix est litigieux. Pour beaucoup, c’est le constat d’une paresse créative. La teinte est jugée trop neutre, voire éteinte. Se voulant un symbole de paix, la couleur de l’année devrait-elle se contenter de taire un contexte politique tendu ou devrait-elle plutôt faire naître une réelle impulsion ? Sur les réseaux sociaux, les internautes font déjà des liens cinglants avec l’actualité de la Maison-Blanche. Beaucoup critiquent la fadeur du choix, y voyant un parallèle malaisant avec certains problèmes sociaux. «Le blanc est la quintessence de la neutralité. Mais dans une année où le nationalisme blanc domine l’actualité, ce choix suscite l’étonnement», soulignait d’ailleurs une journaliste du Washington Post. «Pantone» s’est défendu en martelant que le 11-4201, le code de la couleur, n’avait absolument rien à voir avec la suprématie blanche ou les enjeux raciaux.

En somme, selon «Pantone», «Cloud Dancer» nous invite à méditer sur la place du vide dans nos vies. D’autres y voient plutôt l’esthétique des milieux aisés où le minimalisme est devenu le symbole du luxe. Bien entendu, tout cela reste de la mise en marché et il faut savoir l’interpréter avec nuance. Parfois, le blanc n’est que du blanc!

Et vous, qu’en pensez-vous ?